« J’ai beaucoup souffert depuis que je suis sur la terre, mais si dans mon enfance j’ai souffert avec tristesse, ce n’est plus ainsi que je souffre maintenant, c’est dans la joie et la paix, je suis véritablement heureuse de souffrir. »
Thérèse de Lisieux
Si j’avais lu cette pensée il y a quelques 15 ans de cela, alors que j’étais en pleine crise, j’aurai qualifié l’auteur d’être maso ! Et j’aurai eu bien tort ! Je ne peux prétendre ressentir ce que Thérèse décrit, mais je suis arrivée à comprendre ce don d’elle-même dans la souffrance qu’elle a tant désiré nous laisser en héritage. Je crois qu’il faut être arrivé à une grande maturité spirituelle pour accepter la souffrance comme Thérèse l’a acceptée, dans la joie et la paix, jusqu’à même être heureuse de souffrir ! Je crois aussi que cela vient obligatoirement de la foi qu’elle avait placée uniquement en Celui qui a souffert en don total de corps et d’âme, par obéissance, par amour, pour Dieu et pour TOUS : Jésus Christ !
Tout comme ma soeur T, malgré que j’ai beaucoup souffert depuis que je suis sur la terre, dès mon enfance, ma tendre jeunesse, jusqu’à l’âge présumé adulte, je ne prétends pas pouvoir un jour aimer la souffrance jusqu’à la désirer, comme elle ! J’ai encore peur de la souffrance tant physique que morale ! Il est vrai que je me sens plus forte avec les années qui entrent, plus forte pour l’accepter, mais de là la rechercher comme un moyen de grandir spirituellement, je n’y suis pas arrivée. Mais je ne pense pas que Thérèse voulait grandir à tout prix dans sa foi. Elle est née déjà spirituellement grande, tout comme Sa mère – Thérèse d’Avila ! Sa foi était si forte qu’elle était prête à tout accepter venant de Dieu. Je crois qu’avant toute chose, ma soeur T cherchait beaucoup plus à ressentir l’amour du Christ brûler en elle. Et je peux la comprendre, car s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est ce que je ressens pour Jésus quand devant Sa croix je l’adore et contemple Ses plaies béantes ! C’est un sentiment que je ne peux exprimer, ni expliquer, encore moins qualifier, donner un nom, comme “amour”, car ce serait de la prétention ! L’amour est inconditionnel et je ne le suis pas ! Je ne peux prétendre aimer sans exiger ne serait-ce qu’un tout petit peu en retour! Mais ce que je vis tout simplement, chaque jour, avec Jésus – quand devant la Croix je fais oraison, et contemple Sa Face et ses béantes plaies – est un sentiment qui m’apporte une grande joie et une grande paix. En ce moment privilégié, mon âme ne souffre plus. Je crois que c’est parce qu’elle fait corps avec la Croix, avec le corps sur la Croix, avec Son Sang qui semble se déverser dans ses veines comme pour lui redonner la vie ! Alors, en ce moment, je suis vraiment heureuse !
Souffrir finalement c’est dépasser sa propre souffrance dans la contemplation d’autres souffrances plus grandes que la nôtre. Souffrir c’est aller au-delà de nos propres limites à endurer la souffrance, jusqu’à ne plus la sentir ! Alors elle devient vraiment paix et joie, comme un bonheur sans fin ! Car au-delà de tout, c’est bien ce qu’il y a !
Amen +
Pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.
Sainte et paisible route et que Dieu en Son fils Jésus-Christ, te garde en Sa Lumière

